Dans
le sud du Québec, les lacs peuvent dater de la fin de la dernière
période glaciaire, soit il y a environ 12 000 ans. Ces lacs peuvent
donc être considérés comme étant au début de leur cycle d’évolution. De
façon naturelle, un lac va être comblé graduellement par les apports de sédiments provenant des tributaires et par le dépôt de matières organiques. Ce phénomène appelé
eutrophisation, se produit toutefois sur des milliers d’années, voir
des centaines de milliers d’années.
L’eutrophisation
est un processus de transformation, de vieillissement des lacs se
caractérisant par une augmentation de la productivité d’un lac,
c’est-à-dire notamment par un accroissement des plantes aquatiques et des algues.
C’est un phénomène naturel à l’échelle géologique, mais qui se trouve
fortement accéléré par les matières nutritives et les sédiments
apportées par diverses activités humaines.
Dans un
plan d’eau en santé et jeune, les éléments nutritifs sont présents à de
faibles concentrations et assurent une croissance normale des plantes
aquatiques et des algues microscopiques (phytoplancton). Lorsque le phosphore devient trop abondant, il cause une croissance excessive des végétaux
aquatiques. Cet envahissement par les plantes aquatiques et les algues
a pour effet de détériorer la qualité des eaux, affectant ainsi la
qualité esthétique, le goût et l’odeur de l’eau et modifiant la
composition de la faune aquatique présente, dont celle des espèces de
poissons d’intérêt sportif. La santé et la pérennité du plan d’eau
ainsi que les différents usages humains sont donc grandement affectés
par l’eutrophisation.
Niveau trophique
On peut classer les lacs en trois grandes catégories trophiques, selon leur stade d’eutrophisation :
| Oligotrophe Peu nourri |
Lacs
pauvres en matières nutritives et contenant plusieurs espèces
d’organismes aquatiques, chacune d’elles étant représentée en nombre
relativement faible. L’eau se caractérise par une grande transparence, une importante teneur en oxygène et peu de matières organiques. |
| Mésotrophe |
Lacs
qui se situent entre les lacs oligotrophes et les lacs eutrophes. Par
rapport aux lacs oligotrophes, on y note une augmentation de la
quantité de matières organiques et des organismes aquatiques (végétaux,
animaux, bactéries). |
Eutrophe
Bien nourri |
Lacs
riches en matières nutritives. Ces lacs sont relativement peu profonds,
recouverts d’une large ceinture de végétation aquatique et on y note la
présence d’espèces de poissons peu exigeants en oxygène. Le fond est
couvert de sédiments riches en matières organiques. |
Vieillissement accéléré par les activités humaines
Malheureusement,
les activités humaines (urbanisation, villégiature, activités
agricoles, forestières et industrielles) accélèrent le processus
d’eutrophisation des lacs en augmentant significativement les apports
de sédiments (particules de sols) et de nutriments.
Les apports en matières nutritives, comme le phosphore et l’azote,
provenant entre autres d’installations septiques mal entretenues ou
d’usages excessifs de fertilisants, sont responsables de
l’eutrophisation accélérée du lac. D’autre part, les apports en
sédiments, provenant essentiellement de l’érosion des sols du bassin versant, envasent le fond et contribuent également à l’eutrophisation accélérée du plan d’eau.
Les principales sources de nutriments sont les :
- Engrais domestiques (pour pelouses, plate-bandes, etc.) ;
- Engrais agricoles (engrais chimiques, lisiers, etc.) ;
- Eaux usées (domestiques, municipales) ;
- Détergents, lessives et savons ;
- Coupes forestières abusives (sols mis à nu) ;
- Érosion des rives ;
- Rejets de sites d’enfouissement ;
- Rejets industriels.