Les plantes aquatiques sont des végétaux de grande dimension (taille macroscopique) qui possèdent des feuilles, une tige, des racines et de véritables vaisseaux. Les plantes aquatiques sont généralement enracinées dans les sédiments de la zone littorale des plans d’eau. Il ne faut pas confondre les
plantes aquatiques avec les algues qui sont dépourvues de véritables
feuilles, tiges et racines.
Les rôles des plantes aquatiques
Les plantes aquatiques sont essentielles à la santé de l’écosystème aquatique. Il est donc tout à fait normal et nécessaire d’avoir des
plantes aquatiques dans son lac. Elles y jouent plusieurs rôles dont :
- Filtrer les particules en suspension ;
- Capturer des éléments nutritifs présent dans l’eau et les sédiments ;
- Stabiliser les sédiments du littoral ;
- Réduire l’érosion des rives ;
- Fournir un habitat et de la nourriture pour différentes espèces fauniques.
Cependant,
comme pour la santé humaine, tout est question de quantité et de
qualité. Ainsi, une forte densité de certaines plantes aquatiques
révèle des apports excessifs en nutriments qui eutrophisent prématurément le lac. Différentes activités dans le bassin versant contribuent à cette dégradation, notamment, les épandages d’engrais et
de fumier à proximité du plan d’eau, les rejets des installations
septiques domestiques, commerciales ou municipales non conformes,
l’artificialisation des rives ainsi que les coupes forestières
excessives.
| Donc, ce n’est pas la plante qui est le problème, c’est la plante qui peut indiquer qu’il y a un problème ! |
Comment éviter la prolifération des plantes aquatiques dans mon plan d’eau ?
Tout
comme les plantes terrestres, les plantes aquatiques requièrent un sol
fertile pour se développer. La stratégie à adopter consiste donc à
éviter de leur fournir un tel sol :
- En réduisant les apports en sédiments fins (contrôle de l’érosion des rives et des tributaires) ;
- En réduisant les apports en nutriments (phosphore et azote).
Pourquoi il ne faut pas arracher les plantes aquatiques ?
C’est inutile et néfaste pour l’écosystème d’arracher les plantes aquatiques. En fait, cette action :
- N’empêche pas une future repousse ;
- Provoque une croissance accrue des algues ;
- Facilite la dispersion des espèces envahissantes ;
- Perturbe l’habitat aquatique ;
- Ne règle pas le problème à la source !
Les différents groupes de plantes aquatiques
On peut diviser les plantes aquatiques en trois grands groupes :
Description des espèces de plantes aquatiques
ALGUES CHARA ET NITELLA Les algues Chara et Nitella sont belles et bien des algues même si
elles ressemblent à première vue à des plantes aquatiques. En effet,
malgré leur taille d’environ 30 cm, les espèces du groupe des algues
Chara et de celui des algues Nitella sont dépourvues de véritables
racines, nervures, tige et feuilles comme toutes les autres algues. Ces
algues ne forment pas de véritables fleurs et se reproduisent à partir
de spores jaunes. On les reconnaît aussi à l’odeur typique de la
moufette que nombreuses d’entre elles dégagent. L’identification des
espèces d’algues Chara et Nitella requiert habituellement un examen en
laboratoire, c’est pourquoi nous les avons traitées conjointement. Ces
algues ont l’allure de petites branches grêles et plusieurs fois
divisées. Selon nos observations, ces algues peuvent former, à
différentes profondeurs, un tapis vert fluorescent à noir.
BIDENT DE BECK (MEGALODONTA BECKII)
Le
bident de beck se retrouve principalement dans les marais et, plus
rarement, dans les lacs et les rivières où elle y croît en solitaire ou
par très petites colonies (Marie-Victorin, 1995). Son apparence
similaire à celle d’un myriophylle trompe plus d’un botaniste amateur.
En fait, cette espèce porte des feuilles immergées aussi finement
découpées que des cheveux et disposées en éventails tels les
myriophylles. Cependant, on distingue aisément le Bident lorsque ses
feuilles émergées triangulaires, cireuses et charnues au toucher sont
présentes. Ses très rares petites fleurs jaunes rappellent la
marguerite et dégagent un parfum fruité. Le bident fréquente uniquement
les eaux riches en éléments nutritifs (mésotrophe ou eutrophe) où il
n’est qu’exceptionnellement une des espèces dominantes (Fleurbec,
1987). Pouvant atteindre une taille d’un mètre de haut, cette espèce
croit préférentiellement sur un fond vaseux à entre un et trois mètres
de profondeur.
BRASÉNIE DE SCHREBER (BRASENIA SCHREBERI)
La
brasénie de Schreber est une plante aquatique flottante qui croît en
colonies parfois envahissantes dans quelques lacs dispersés du Québec
(Marie-Victorin, 1995). On la distingue facilement par ses feuilles
entières elliptiques attachées en leur centre par une queue. Cette
espèce se caractérise aussi par un épais mucilage gélatineux et gluant
qui enveloppe ses parties submergées. Elle possède quelques petites
fleurs beige rosé. La brasénie s’enracine dans les sédiments vaseux des
secteurs tranquilles et abrités. Elle pousse dans un ou deux mètres
d’eau, tant dans les lacs oligotrophes qu’eutrophes (Fleurbec, 1987).
CORNIFLE NAGEANTE (CERATOPHYLLUM DEMERSUM)
La
cornifle nageante est une plante aquatique submergée dépourvue de
racines, forme des serpentins rampants (autours d’un mètre de long)
similaires à ceux du myriophylle à épi. Cependant, ses feuilles
filiformes, raides et se terminant en deux ou trois pointes fourchues
lui sont bien caractéristiques. En plus de sareproduction sexuée, la
cornifle produit des hibernacles (bourgeons) qui se détachent à la fin
de la saison de croissance et se développent, le printemps suivant, en
un nouvel individu. Cette espèce colonise principalement les fonds
vaseux des eaux stagnantes des étangs et des lacs tranquilles. On peut
la retrouver jusqu’à huit mètres de profondeur, mais elle prise
particulièrement les secteurs de deux à quatre mètres (Marie-Victorin,
1995).
ÉLODEES DU CANADA ET DE NUTTALL
(ELODEA CANADENSIS ET E. NUTTALLII)
L’élodée
du Canada est une plante aquatique submergée commune dans nos régions.
Cette plante mesure généralement moins d’un mètre et croît en colonies
souvent très denses et étendues. Elle possède de nombreuses petites
feuilles vert foncé ainsi que de minuscules fleurs blanchâtres qui
flottent à la surface de l’eau au bout d’une longue queue. Pour sa
part, l’élodée de Nuttall possède des feuilles plus pâles et plus
pointues. De plus, ses fleurs mâles n’ont pas de queue et fleurissent
sous l’eau à l’aisselle des feuilles (Marie-Victorin, 1995). Les deux
élodées colonisent les eaux tranquilles des lacs et des étangs. Elles
s’enracinent préférentiellement dans un à trois mètres d’eau, mais
s’adaptent aussi à des secteurs plus profonds. Elles s’installent sur
divers substrats, mais principalement sur la vase ou le sable. Elles
tolèrent différents degrés d’eutrophisation. Finalement, l’élodée du
Canada, généralement considérée moyennement limitante, possède un
potentiel d’envahissement élevé, compte tenu qu’elle peut se multiplier
par drageonnement et par bouturage (Fleurbec, 1987).
ÉRIOCAULON SEPTANGULAIRE (ERIOCAULON SEPTANGULARE)
L’ériocaulon
est une plante aquatique submergée commune au Québec. Cette espèce se
caractérise par ses feuilles longuement triangulaires disposées en
rosette à la surface du sol. Ses nombreuses et minuscules fleurs sont
disposées au bout d’une longue queue qui émerge de l’eau et qui
rappelle une broche à tricoter. Cette plante, haute de quelques
centimètres, colonise essentiellement les eaux tranquilles et peu
profondes (moins d’un mètre) des lacs et de rivières, quoique nous
l’ayons déjà observé a de plus grandes profondeurs. Elle vit
typiquement sur un substrat de gravier ou de sable dans les lacs
oligotrophes (Fleurbec, 1987). L’ériocaulon ne limite que très peu les
activités humaines.
HETERANTHERE LITIGIEUSE (H. DUBIA) ET POTAMOT ZOSTERIFORME (P. ZOSTERIFORMIS)
L’hétéranthère
litigieuse est une plante aquatique vivace dont les tiges et les
feuilles sont longues et aplaties comme d’étroits rubans souples. Elle
produit de petites fleurs jaunes qui flottent à la surface de l’eau. En
l’absence de fleurs, cette espèce est souvent confondue avec le potamot
zostériforme (Potamogeton zosteriformis) lui aussi indigène. L’oeil
averti du botaniste distinguera la nervure centrale ainsi que la pointe
aigue des feuilles du potamot zostériforme. On retrouve ces deux
espèces en compagnie de l’élodée du Canada dans les zones tranquilles
des eaux mésotrophes ou eutrophes à une profondeur variant de un à
trois mètres (Fleurbec, 1987). Communes dans nos régions, elles
croissent toutes deux préférentiellement dans les fonds vaseux des
zones tranquilles des lacs, des étangs et des rivières tranquilles
(Agriculture Canada, 2004).
ISOETE A SPORES EPINEUSES (ISOETES ECHINOSPORA)
L’isoète
est une plante aquatique submergée, commune dans notre région, qui
mesure à peine une dizaine de centimètres. Ses feuilles linéaires se
rassemblent en rosette à la surface du sol, lui conférant l’apparence
d’une petite touffe d’herbe. On la reconnaît aussi à ses minuscules
spores blanchâtres à la base de chacune de ses feuilles. Les isoètes
habitent, de façon typique, les lacs oligotrophes où croissent sur
divers substrats à des profondeurs variées (Marie-Victorin, 1995).
LOBÉLIE DE DORTMANN (LOBELIA DORTMANNA)
La
lobélie est une plante aquatique submergée fréquente dans tout le
Québec (Marie-Victorin, 1995). Cette petite plante, autour de 30 cm,
vit en colonies peu denses et généralement peu limitantes. Ses petites
feuilles, charnues et cylindriques, croissent en rosette à la surface
du sol, tandis que ses petites fleurs bleues émergent hors de l’eau au
bout d’une tige. Elle croît sur les fonds de sable et parfois de
gravier, essentiellement dans les zones ayant moins d’un mètre de
profond. Les eaux claires et pauvres en matière organique constituent
son habitat préféré (Fleurbec, 1987).
JONCS (JUNCUS SP.), GRAMINEES (GRAMINEUS SP.) ET SCIRPES (SCIRPUS SP.)
Ces
trois familles comprennent plusieurs espèces qui sont largement
répanduessur le territoire québécois (Marie-Victorin, 1995). Il s’agit
de plantes herbacées qui poussent en colonies. Ces plantes s’installent
sur la terre ferme ou bien dans la zone littorale des lacs et des
milieux humides. On les retrouve habituellement à moins d’un mètre de
profondeur où ils participent à stabiliser la rive. On reconnaît les
joncs à leur tige cylindrique et nue et à leurs fleurs rassemblées en
un bouquet qui semble attaché sur le côté de la tige. Pour leur part,
les graminées se distinguent par leur tige cylindrique et creuse munie
d’une gaine enveloppante (comme chez les poireaux). Quant à eux, les
scirpes possèdent de petits épillets bruns.
MYRIOPHYLLE A EPI (MYRIOPHYLLUM SPICATUM)
Le
myriophylle à épi est une grande plante aquatique submergée, très
commune au Québec et au Vermont, qui croît en colonies souvent très
denses (Fleurbec, 1987). Il s’agit d’une des cinq plantes introduites
occasionnant le plus d’impacts environnementaux et le plus de
limitations d’usages au Canada (MENV, 2002). Ce myriophylle ressemble à
de longs serpentins munis de feuilles découpées finement comme des
plumes et disposées en cercle autour des tiges. Une fois enracinée dans
le fond de l’eau, cette espèce pousse jusqu’à la surface où elle se
ramifie abondamment créant ainsi des mattes denses. Ses petites fleurs,
blanches ou rouges, et ses fruits brun foncé se réunissent en épi
dressé à l’extérieur de l’eau. Le myriophylle à épi possède un grand
potentiel d’envahissement compte tenu de sa croissance rapide et de sa
diversité de modes de reproduction. Cette espèce peut se reproduire
d’une part en formant des graines et des hibernacles (bourgeons
axillaires qui se détachent du plant et génèrent d’autres individus).
D’autre part, de nouveaux individus peuvent se développer à partir des
racines d’un plan (phénomène de drageonnement). De même que chaque
fragment de la tige peut se détacher, s’enraciner et générer un autre
spécimen (phénomène de bouturage). Le bouturage, son principal mode de
multiplication, explique son potentiel élevé d’invasion. Le bouturage
survient de façon naturelle, par l’action des vents et des vagues, mais
est grandement accentué par le passage des embarcations. Le myriophylle
à épi peut croître dans divers types de sédiments (gravier, sable, vase
et débris végétaux) et à des profondeurs variant de quelques
centimètres à plusieurs mètres d’eau (Fleurbec, 1987). De plus, cette
plante supporte les niveaux les plus élevés d’eutrophisation. Par sa
croissance rapide, dès les premiers jours du printemps, le myriophylle
à épi crée de l’ombre pour les autres espèces de plantes submergées et
limite ainsi leur croissance. Les herbiers de myriophylle sont reconnus
pour atteindre une telle densité qu’ils tendent à déloger toutes les
autres espèces (Environnement Canada, 2003). Ainsi, l’envahissement par
cette plante réduit la diversité de la végétation et, par conséquent,
celle de la faune, notamment celle des poissons intéressants pour la
pêche sportive.
MYRIOPHYLLE A FLEURS ALTERNES (MYRIOPHYLLUM ALTERNIFLORUM)
Le
myriophylle à fleurs alternes ressemble à son frère à épi. Il est
cependant plus petit et beaucoupmoins envahissant. On le retrouve
plutôt disséminé dans quelques lacs québécois, surtout dans les régions
plus froides., Cette plante aquatique submergée forme de petits
serpentins qui couvrent habituellement le fond des zones profondes et
peu lumineuses des lacs et des rivières (Marie-Victorin, 1995). À la
suite de nos observations, nous considérons cette plante peu limitante
pour les activités humaines.
MYRIOPHYLLE GRELE (MYRIOPHYLLUM TENELLUM) 
Le
myriophylle grêle est une plante aquatique submergée retrouvée
occasionnellement dans les Cantonsde l’Est. Ce myriophylle se
caractérise par de petites tiges fines presque dépourvues de feuilles.
Cette plante, peu envahissante, habite les rivages peu profonds et
sablonneux des lacs, des rivières et des étangs.
NAÏAS SOUPLE (NAJAS FLEXILIS)
Le
naïas souple est une plante aquatique submergée de petite taille, 2 ?10
cm de hauteur, très commune dans les eaux douces de notre région
(Marie-Victorin, 1995). On reconnaît cette espèce à son allure
buissonneuse densément garnie de petites feuilles triangulaires. Ses
fleurs et ses fruits sont à peine visibles. Selon nos observations, le
naïas s’enracine dans les substrats sablonneux, graveleux ou vaseux à
différentes profondeurs. En fait, il peut s’installer dans quelques
centimètres à plusieurs mètres d’eau en autant que la lumière y pénètre.
NENUPHARS (N. MICROPHYLLUM, N. VARIEGATUM ET N. RUBRODISCUM)
Les
nénuphars sont des plantes aquatiques flottantes fréquentes dans les
eaux tranquilles des lacs, des rivières et des tourbières. Les trois
espèces québécoises sont dotées d’une grande taille et vivent toutes en
colonies. Le grand nénuphar jaune possède des feuilles et des fleurs
plus grandes que son frère, moins abondant, le petit nénuphar jaune. Le
nénuphar à disque rouge est quant à lui considéré, par plusieurs, comme
un hybride des deux autres. On aperçoit de loin leurs grandes feuilles
en forme de cœur ainsi que leurs magnifiques fleurs jaunes qui flottent
sur l’eau. Les nénuphars possèdent aussi des feuilles submergées
disposées en rosette à la base du plant. On les retrouve habituellement
à une profondeur de 0,5 à 1,5 mètre. Ils apprécient plus
particulièrement les fonds vaseux des eaux oligotrophes, sans pour
autant renier les eaux eutrophes (Fleurbec, 1987).
NYMPHEAS (NYMPHAEA ODORATA ET NYMPHAEA TUBEROSA)
La
beauté des fleurs blanches des nymphéas ne laisse personne indifférent.
Le nymphéa odorant est abondant dans nos régions, tandis que le Nymphéa
tubéreux y est moins fréquent. Tous deux mesurent autour de 50 cm de
haut et possèdent de larges feuilles flottantes circulaires, cireuses
et fendues sur près de la moitié de leur longueur. Parmi les feuilles,
flottent leurs énormes fleurs blanches au centre jaune. On peut
distinguer les deux espèces grâce à la coloration du revers des
feuilles, rouge vin chez le nymphéa odorant et vert pâle chez le
Nymphéa tubéreux. Comme son nom l’indique et contrairement à son frère,
le nymphéa odorant dégage un doux parfum. Les nymphéas s’enracinent
dans la vase peu profonde (moins d’un mètre) des secteurs abrités des
lacs, étangs et tourbières où ils créent un magnifique tapis flottant.
Leurs colonies, parfois très étendues, sont parfois envahissantes.
PONTEDERIE CORDEE (PONTEDERIA CORDATA)
Cette
sublime plante aquatique émergée possède des fleurs violettes et des
feuilles en forme de cœur qui lui sont bien caractéristiques. Cette
plante, présente dans l’ouest et le centre du Québec, mesure
généralement moins d’un mètre. Ses grandes feuilles très douces et
cireuses au toucher sont apparemment tendres et agréables au goût. Ses
minuscules et nombreuses fleurs, réunies en épi, sont elles aussi
comestibles quoique malheureusement éphémères (Fleurbec, 1987). La
pontédérie croît en colonies, parfois très denses, dans les zones peu
profondes des lacs et des milieux humides. Elle apprécie
particulièrement les sédiments vaseux ou sablonneux.
POTAMOTS (POTAMOGETON SP.) L’identification des potamots s’avère un réel défi
pour les botanistes autant débutants qu’avertis. En fait, ce groupe
comprend un grand nombre d’espèces aux structures minuscules et
variables au sein d’une seule espèce. De façon générale, les potamots
possèdent deux types de feuilles, des feuilles flottantes coriaces et
des feuilles submergées pellucides ainsi que de minuscules fleurs
regroupées en épi. Voici un bref survol des principales espèces de
potamot recensées lors de notre inventaire :
POTAMOT A LARGES FEUILLES (POTAMOGETON AMPLIFOLIUS)
Le
potamot à larges feuilles est, sans contredit, l’une des plantes
indigènes les plus envahissantes de notre région (Carignan, 2003).
Cette plante vivace se multiplie abondamment par drageonnement et par
bouturage de la tige dans bon nombre de nos lacs et rivières
(Agriculture Canada, 2004). On le distingue aisément grâce à ses
grandes feuilles submergées rougeâtres et courbées comme une selle de
cheval à l’envers. Ses feuilles flottantes ovales et ses épis dressés
qui tapissent l’eau sont visibles de loin. Selon nos observations, ce
potamot colonise principalement les fonds vaseux à une profondeur de
deux à quatre mètres où il croît jusqu’à la surface.
POTAMOT CRISPE (POTAMOGETON CRISPUS)
Dans
certains lacs de la région, ce potamot introduit d’Europe est considéré
très envahissant (Agriculture Canada, 2004). En fait, en plus de
produire des graines, celui-ci se multiplie rapidement par la formation
d’hibernacles (bourgeons qui forment d’autres individus) et par
bouturage. Le potamot crispé s’identifie facilement par ses feuilles
raides et ondulées telles des lasagnes. Il s’installe essentiellement
dans la colonne d’eau de deux à quatre mètres de profondeur des lacs et
cours d’eau. Il peut s’adapter à différentes qualités d’eau, même les
plus souillées, et peut même venir à bout des toiles de géotextile les
plus coriaces.
10POTAMOT DE L’ILLINOIS (POTAMOGETON ILLINOENSIS)
Cette
espèce présente également des difficultés d’identification compte tenu
de la grande variabilité de ses formes. De plus, elle ressemble
particulièrement au potamot graminoïde sauf qu’elle possède des
feuilles plus larges n’ayant habituellement pas de pétiole. Ce potamot
indigène se retrouve communément dans plusieurs de nos lacs et nos
rivières (Agriculture Canada, 2004).
POTAMOT DE RICHARDSON (P.RICHARDSONII), PERFOLIE (P.PERFOLIATUS) ET A LONGS PEDONCULES (P. PRAELONGUS)
Ces
trois espèces fréquentes dans notre région ont été regroupées compte
tenu de la similitude de leur forme et des hybrides qu’ils forment
entre eux. Le plus commun des trois est le potamot de Richardson et ce
dernier peut former des colonies denses et étendues. Ces trois espèces
indigènes se retrouvent dans les eaux lentes ou tranquilles des lacs,
étangs et rivières (Agriculture Canada, 2004). On distingue ces
potamots grâce à leurs nombreuses feuilles généralement circulaires ou
ovoïdes et d’un vert pomme caractéristique qui entourent directement la
tige blanchâtre. Selon nos observations, on les retrouve à deux ou
trois mètres de profondeur sur des sédiments fins.
POTAMOT DE ROBBINS (POTAMOGETON ROBBINSII)
Les
denses colonies de ce potamot couvrent le sol de bon nombre de nos lacs
(Marie-Victorin, 1995). Ses rigides et linéaires feuilles brunâtres ou
rougeâtres sont disposées sur deux rangs de part et d’autre de la tige.
Cette plante, à l’apparence d’une plume, mesure environ 50 cm. Son
feuillage sert de nourriture pour plusieurs organismes aquatiques. Le
potamot de Robbins semble vivre principalement dans les fonds vaseux à
différentes profondeurs. Ce potamot détient un potentiel
d’envahissement élevé.
POTAMOT EMERGE (POTAMOGETON EPIHYDRUS)
Ce
grand potamot se caractérise par des feuilles submergées longuement
linéaires et munies d’une bande centrale plus claire. Il s’agit de l’un
des potamots les plus communs dans nos lacs et de nos rivières. Les
colonies de cette espèce s’établissent généralement dans la vase et le
sable des secteurs peu profonds (0,5 à 1,5 m) (Marie-Victorin, 1995).
Cependant, lors de l’inventaire, nous l’avons remarqué à de plus
grandes profondeurs. Cette espèce tolère une grande gamme de qualités
d’eau (Fleurbec, 1987). En raison de sa grande taille et de son
potentiel de reproduction élevé, cette espèce peut envahir une grande
partie de la colonne d’eau.
POTAMOTS FEUILLE (P. FOLIOSUS) ET NAIN (P. PUSILLUS)
Nous
avons regroupé ces deux espèces de potamots puisqu’elles sont si
similaires et si variables qu’il est parfois impossible de les
distinguer à l’œil nu. De façon générale, on les reconnaît à leurs
feuilles submergées petites et linéaires ainsi qu’à leur tige grêle
plusieurs fois divisée. Ces deux espèces communes dans nos lacs
mesurent habituellement moins d’un mètre de haut et colonisent les eaux
tranquilles et peu profondes (Marie-Victorin, 1995
POTAMOT FLOTTANT (POTAMOGETON NATANS)
Cette
espèce constitue le représentant typique des potamots, par ses feuilles
flottantes elliptiques et coriaces ainsi que pars ses feuilles
immergées linéaires et translucides. Le Potamot flottant s’adapte
autant aux eaux tranquilles des lacs, qu’aux eaux courantes des
ruisseaux et des rivières. De plus, il supporte différentes qualités et
profondeurs d’eau (Marie-Victorin, 1995).
POTAMOT GRAMINOÏDE (POTAMOGETON GRAMINEUS)
En
raison de ses formes extrêmement variables, l’identification du potamot
graminoïde s’avère être une véritable difficulté. Ce potamot indigène
compte plusieurs variétés et hybrides qui sont reliés par des formes
intermédiaires. De façon simplifiée, nous le reconnaissons à ses
feuilles submergées translucides, rougeâtres et lancéolées. Le potamot
graminoïde se retrouve un peu partout dans les eaux tranquilles des
lacs, des rivières et des marais (Marie-Victorin, 1995). Il semble
s’adapter à différents substrats et profondeurs d’eau
POTAMOTS SPIRILLE (P. SPIRILLUS) 
Le
potamot spirillé ressemble beaucoup aux potamots feuillé et nain. De
façon générale, onle reconnaît à ses feuillessubmergées petites et
linéaires à sa tige grêle plusieurs fois divisée ainsi qu’aux nombreux
épis situés directement sur sa tige. Cette espèce mesure habituellement
moins d’un mètre de haut et colonisent leseaux tranquilles et peu
profondes (Marie-Victorin, 1995).
RUBANIERS (SPARGANIUM SP.)

Les
longs fettuccinis, fréquents dans nos régions, mais peu comestibles,
des rubaniers ne passent jamais inaperçus. Ces plantes, modérément
limitantes pour les activités aquatiques, peuvent former des colonies
denses et étendues. Les rubaniers possèdent de longues feuilles
rubanées, un à deux mètres de long, qui flottent sur l’eau. On les
reconnaît aussi à leurs fruits en forme d’œuf épineux qui se dressent
hors de l’eau. Les rubaniers peuvent vivre dans une ample gamme
d’habitats. Ils poussent sur différents substrats dans les secteurs
tranquilles des lacs, des ruisseaux et des rivières. Ils s’enracinent
généralement dans des eaux peu profondes de moins de deux mètres
(Fleurbec, 1987).
SAGITTAIRE GRAMINOÏDE (SAGITTARIA GRAMINEUS)
La
sagittaire graminoïde est une plante aquatique submergée mesurant une
dizaine de centimètres retrouvée fréquemment dans nos lacs. Cette
espèce de sagittaire est constituée d’une rosette de feuilles
submergées triangulaires et recourbées comme les feuilles d’un ananas.
Elle croît en eau peu profonde, essentiellement à moins de 50 cm,
quoiqu’on la retrouve parfois à de plus grandes profondeurs. Elle
supporte d’ailleurs bien les fluctuations du niveau de l’eau. Elle
s’installe principalement sur les substrats sablonneux et parfois
vaseux où elle peut former de vastes colonies. Cette plante s’adapte à
différentes qualités d’eau, mais semble priser surtout les eaux
oligotrophes (Fleurbec, 1987).
UTRICULAIRES (UTRICULARIA SP.)
Dans
les lacs, les étangs et les tourbières du Québec, vivent différentes
espèces d’utriculaires toutes difficiles à différencier les unes des
autres. C’est pourquoi nous les avons réunies lors de notre inventaire.
Il s’agit de plantes aquatiques submergées carnivores qui, grâce à
leurs innombrables et minuscules trappes (utricules) situées sur les
feuilles, capturent et digèrent de petits crustacés et des larves de
maringouins. Les utriculaires ressemblent à des serpentins munis de
feuilles très découpées. Elles possèdent de petites fleurs jaune vif
qui émergent de l’eau. N’étant pas enracinées, les utriculaires
flottent entre deux eaux.
VALLISNERIE AMERICAINE (VALLISNERIA AMERICANA)
La
vallisnérie américaine est une plante aquatique submergée des plus
fréquentes dans nos régions. On la différencie facilement par ses
longues feuilles en forme de rubans souples qui croissent à la base du
plant et qui peuvent atteindre un mètre et demi de longueur. Ses
petites fleurs femelles, qui flottent à la surface de l’eau à
l’extrémité d’une tige tordue en tire-bouchon, lui sont spécifiques. La
vallisnérie américaine peut s’enraciner dans divers substrats (vase,
sable, gravier) à des profondeurs variables et parfois jusqu’à cinq ou
six mètres (Marie-Victorin, 1995).